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La foi selon les prophètes

La foi chez les prophètes

 

INTRODUCTION

 

        Saint Augustin explique la foi au moyen des quatre verbes : « Croire en Dieu, c’est tendre vers lui, c’est aller vers lui, c’est progresser chaque jour sur le chemin qui conduit à lui, c’est enfin accéder à lui ». Dans son livre la Foi chrétienne, le théologien Henri de Lubac, analyse cette pensée de Saint Augustin en ces termes : « la foi en Dieu est un mouvement qui commence par la conversion ».

C’est sans doute pour provoquer au sein de son peuple cet élan de conversion et de retour à lui que Dieu a suscité diverses personnes au cours de l’histoire pour être ses messagers. Ce sont les prophètes dont l’étude de la foi fait l’objet du présent exposé.

Notre travail se décline en un plan bipartite. Dans un premier temps, nous ferons un bref aperçu sur la foi. A ce niveau, nous définirons le terme à partir des Ecritures, de la Tradition et de l’enseignement de quelques Conciles. Dans un second moment, nous irons à la découverte des éléments ayant marqué la foi des prophètes. Ici encore, nous appréhenderons ces éléments aussi bien chez les grands que les petits prophètes.

 I-    Bref aperçu sur la foi

 

Dans cette partie de notre travail, nous ferons une étude notionnelle du concept de la foi dans un premier temps. Ensuite nous irons à la découverte de ce à quoi la foi engage la personne qui la reçoit.

A- Qu’est-ce que la foi ?

Nous répondrons à cette interrogation en définissant le concept à partir des Ecritures, de la Tradition et de quelques Conciles.

         Du latin « fidere » qui se traduit avoir confiance, la foi est la confiance mise dans une personne, dans son engagement, dans sa parole donnée. Elle suggère davantage l’objectivité d’un lien avec une personne que  la subjectivité d’une croyance en quelque chose.

         La foi est donc un dialogue spécifique mais réel entre Dieu et l’homme. En effet, spécifique, ce dialogue l’est en ce sens qu’il a ordinairement besoin de passer par des médiations comme l’enseignement des prophètes.

         Le dialogue tient également sa spécificité du fait qu’avec Dieu, la relation n’est pas simplement celle d’un ami à un ami, mais celle d’un ami à une personne sans laquelle, il n’existerait pas.

  • La foi dans l’Ancien Testament

 

Dans l’Ancien Testament, deux mots de la langue hébraïque expriment la notion de la foi : aman qui évoque la solidité et la sûreté (d’où cous vient dans la langue française Amen qui se traduit « c’est vrai ») ; batah, la sécurité et la confiance. Pour cela, parler de la foi chez les hébreux, semble surtout se référer à une expérience, celle d’Abraham. Ce dernier est le type même du croyant. Il apparaît comme le père de ceux qui, dans une relation de personne à personne, s’en remettent à Dieu seul et à sa Parole (Gn12, 1-3).

        L’appel de Dieu à Abraham ouvre le temps de l’alliance entre Yahvé et son peuple. Celle-ci vient en effet, rétablir l’alliance qui s’était engagée entre Dieu, l’homme et la création ; alliance rompue par le péché, et dont pourtant l’espérance avait subsisté.

Cette nouvelle alliance conclue au Sinaï avec Israël comme peuple élue, a été solennellement formalisée dans les préceptes de la foi, en attendant d’être sans cesse actualisée par les prophètes.

La foi dans l’Ancien Testament est donc marquée par la fidélité de l’homme à Dieu et à sa loi, la confiance dans l’amour que Dieu offre à l’homme, l’abandon à Dieu et l’espérance de ses envoyés en l’accomplissement des promesses faites par Lui à son peuple.

  • La foi dans le Nouveau Testament

 

          Le Nouveau Testament ne répond pas directement à la question : qu’est-ce que la foi ? Cependant, en le parcourant, des Evangiles à l’Apocalypse de Saint Jean, le terme est très abordé.

Pour les premiers chrétiens, la foi s’exprime dans une acclamation liturgique : « Jésus est Seigneur », ou plus encore « Jésus est  ressuscité ». (Rm10, 9 ; 1Co8 ,6). La foi est donc une vie commune avec un groupe, qui proclame publiquement son attachement à une personne ou à une vérité.

Le Christ Lui-même abordera la question dans ses prédications avec ses disciples. N’est-il pas tombé en admiration devant la profession de foi d’un centurion de l’armée romaine dont le serviteur était souffrant ? (Mt 8 ,5-13 ; Jn4, 46-54). De plus, ne lui a-t-Il pas suffi de toucher les yeux de deux aveugles en disant : « qu’il vous advienne selon votre foi » pour que ceux-ci recouvrent la vue. Ou encore ne nous enseigne-t-il pas que si nous avons une foi aussi petite qu’une graine de moutarde, nous dirons à cet arbre que voici, vas te jeter dans la mer et il nous obéirait (Lc 17,6).

Aussi Jésus n’a-t-il pas reproché à Pierre son peu de foi et son doute quand il l’invita à marcher sur les eaux pour aller à sa rencontre (Mt14, 22-23 ; Mc6, 45-22) ou encore à Thomas son incrédulité après sa résurrection.

Le livre des actes des apôtres ainsi que les épîtres dans leur ensemble ont aussi fait des développements sur la foi. Mais nous n’évoquerons que quelques passages à titre illustratif.

Dans le livre des actes des apôtres nous voyons Pierre et Jean qui, s’appuyant sur leur foi en Jésus de Nazareth, guérissent un infirme devant le temple (Ac3, 1-10).

De même, dans la lettre aux Hébreux, nous retenons une très belle définition de la foi. La foi est « une manière de posséder déjà ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités que l’on ne voit pas » (He11, 1-2).

Saint Jacques pour sa part, nous montre combien sans les œuvres, la foi est morte (Jc2, 14-26).

  • La foi et la Tradition

 

Dans le langage courant, le mot Tradition évoque ce qui vient du passé et elle tend parfois à s’identifier avec la coutume. Dès lors, elle suscite respect, vénération ou répugnance selon qu’on est attaché au passé ou soucieux d’explorer les chances de l’avenir.

Dans le langage ecclésiastique, le mot a un sens plus large et plus actif. Il évoque le processus par lequel le passé, avec tout ce qu’il contient, continue à se rendre présent et agissant. On peut alors rapprocher le terme de Tradition de celui de transmission.

Appréhendée comme telle, la Tradition joue alors un rôle important dans la foi : celle-ci ne s’invente pas. En effet, elle se reçoit de Dieu à partir de l’annonce qui nous est faite de sa Parole. Et cette Parole, le croyant la découvre à travers toute l’histoire biblique, c’est-à-dire les Ecritures. C’est dire donc que la foi, telle que nous la concevons et la vivons aujourd’hui est un héritage qui nous est transmis, depuis les croyants avant Jésus-Christ, les chrétiens de son époque et ceux après lui. L’Eglise, corps mystique du Christ, est le lieu même où la Tradition demeure agissante. De même, nous pouvons dire que la Tradition se confond avec tout ce qui fait la vie authentique de l’Eglise (prédication, prière, liturgie, actions sociales).

  • La foi d’après quelques Conciles

 

Face aux différentes réformes du XVIe siècle puis aux courants rationalistes ou irrationalistes au XVIIIe et XIXe siècle, l’Eglise a été amenée à préciser son enseignement sur la foi.

Le concile de Trente (1545-1563) proclame que la foi est bien un don de la grâce, qu’elle est le fondement de notre salut, de notre justification devant Dieu. Cette justification résulte de notre réponse active qu’est l’amour.

Le Concile Vatican I (1869-1870) pour sa part, précise que l’acte de foi est en même temps un acte surnaturel, rationnel et volontaire.

Quant au Concile Vatican II (1962-1965) il ajoute que la foi n’est pas une démarche isolée, mais communion entre ceux qui partagent cette foi au sein de l’Eglise ; nouveau peuple institué par le Christ. Il rappelle donc que la foi, relation personnelle avec Dieu, prend ainsi une dimension universelle.

         Une fois la notion élucidée, nous pouvons retenir en substance que la foi est relation avec Dieu ; une relation désintéressée et vraie, une relation qui se donne gratuitement. Cependant cette relation ne s’entretient et ne se consolide qu’à la lumière des Ecritures, de la Tradition et des enseignements de l’Eglise. Une question reste toutefois posée : celle de savoir si la foi change quelque chose dans la vie du chrétien.

B- A quoi nous engage la foi ? 

 

Pour certains, les chrétiens ne sont pas meilleurs que les autres. Dès lors, quel est alors l’utilité de la foi qu’ils disent avoir, se demandent ces personnes. En effet, selon celles-ci, la foi ne serait qu’une affaire privée qui ne change pas le comportement du croyant. Mais est-ce vraie une telle conception de la foi ? Ne nous engage-t-elle pas à une attitude particulière ?

Le Nouveau Testament et Saint Paul en particulier, s’oppose totalement à une telle manière de concevoir la foi. Pour ce dernier, ceux qui connaissent Dieu se distinguent radicalement de ceux qui ne le connaissent pas. Par exemple, l’Apôtre Paul demande aux chrétiens « d’user de leur corps avec sainteté et respect sans se laisser emporter par la passion comme le font les païens qui ne connaissent pas Dieu » (1Th4, 5).

Pour le même apôtre, ne pas connaître Dieu, c’est ne pas connaître l’homme et par suite le mépriser. Par contre, connaître Dieu, c’est s’engager dans une nouvelle manière de vivre dans le monde. Par exemple, Moïse, en recevant la révélation du « Nom » de Dieu s’est engagé au service de son peuple (Israël vivant la servitude en Egypte) et a modifié le cours de l’histoire des Israélites.

Retenons sans leçon que la foi engage le chrétien à sortir de sa médiocrité en répondant favorablement à l’appel de Dieu, c’est-à-dire à sa vocation et aux exigences de celle-ci. Aussi l’engage-t-elle à une connaissance plus profonde de celui avec qui elle le met en relation : Dieu qui n’est pas un partenaire calme, encore moins impassible.

De plus, la foi nous obtient la grâce de la vie éternelle (Jn3, 31-36). Quiconque a vécu une expérience de foi sait qu’il lui a été demandé d’aller plus loin, là où il ne pensait pas aller. La foi change toujours celui qui la vit et l’invite à en témoigner par sa vie. N’est-ce pas là ce qui fut l’attitude des prophètes, aussi bien les grands que les petits dont nous allons découvrir les signes caractériels de leur foi ?    

 

II-    La foi chez les prophètes

 

Nous allons dégager à partir de leurs écrits, les signes auxquels se découvre la foi chez les prophètes Isaïe, Jérémie, Ezéchiel, Baruch, Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habaquq, Sophonie, Aggée, Zacharie et Malachie.

A- Les grands prophètes

Rappelons ici que ces prophètes sont appelés grands du fait de la longueur de leurs écrits. Ils sont quatre et nous verrons ce qui caractérisent la foi à leur niveau.

Pour Isaïe, la foi, c’est cette conviction pratique que Dieu Seul importe, qu’il ne faut s’appuyer que sur lui. Il y insiste car pour lui, la foi doit toujours se traduire par des actes aussi bien dans le domaine social et politique que dans celui des relations personnelles. De plus, selon lui, Dieu exige la justice dans les relations sociales et aussi la sincérité dans le culte qu’on lui rend. Il veut qu’on lui soit fidèle. Une telle foi, il en a fait lui-même l’expérience. Elle l’a amené à se détourner des alliances humaines et l’a fait tenir bon et imperturbable en face des menaces ou même en présence des armées de l’ennemi.

Ainsi, Isaïe est un prophète qui s’est fait remarquer par la fermeté de sa foi en Dieu et ceci même au cœur des crises que traversaient sa nation. En effet, il demandait à ses contemporains de se confier à Dieu seul, qui pour lui est l’unique chance du salut. C’est ce qu’il exprime à travers le chapitre 43, les versets 1 à 5 de son livre. C’est cette foi qu’il a cherché en vain chez Achaz lorsqu’il lui adressait la mise en garde suivante : « si vous ne croyez pas, vous ne tiendrez pas » (Is7, 9).

Le prophète Jérémie était originairement d’Anathot, une petite bourgade, non loin de Jérusalem, où résidait sa famille. Il était d’une famille sacerdotale. Appelé par Yahvé à être son prophète, Jérémie commence  une histoire relationnelle et mystique avec le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Nos réflexions avec le prophète Jérémie nous montre que sa foi revêt plusieurs caractéristiques.

La foi comprise comme l’union de l’homme à Dieu connaît un impressionnant dépassement avec Jérémie, en ce qu’elle est surtout un don de Dieu à sa créature. L’homme ne met pas sa foi en Dieu par lui-même ou par un simple acte  de désir. La foi apparaît chez Jérémie comme « un saisissement total » par Dieu de sa créature suite à une vocation divine. « La parole de Yahvé me fut adressée en ces termes : avant même de te modeler au ventre maternel, je t’ai connu. Avant même que tu sois sorti du sein, je t’ai consacré ; comme prophète des nations, je t’ai établi » (Jr1, 4).

Jérémie ne prophétise pas de son bon vouloir car son acceptation de la grâce de Yahvé fait de lui un « possédé divin », un homme qui ne parle plus pour lui-même mais qui transmet fidèlement les volontés de Yahvé. « […] car tous ceux à qui je t’enverrai, tu iras, et tout ce que je t’ordonnerai, tu le diras » (Jr1, 6). La foi de Jérémie fut l’expression d’un total abandon à Dieu et d’un courage inébranlable pour dénoncer et proclamer les « oracles de Yahvé », même au péril de sa vie.

Pour ce qui est du prophète Ezéchiel, il est fils de Buzi, prêtre à Jérusalem et fut déporté dès 598 à Babylone. C’est sur les rives de Kébar, au milieu de la communauté juive de Tel-Habib qu’il fut appelé au ministère prophétique.

La foi de l’homme qu’on appelait souvent père du judaïsme, est l’une des plus éprouvées dans la Bible. Ayant le don de la vision, il aura sa vocation sous une telle forme (Ez 1,4s). Il sera envoyé en mission auprès des Juifs exilés à Babylone, au milieu desquels il vécut lui-même.

La foi d’Ezéchiel revêt un caractère assez audacieux. Il n’est pas facile de pouvoir élever la voix au milieu d’un peuple sous le joug de l’oppression pour lui annoncer quelque message, fut-il bon, de la part de quelque personne, fut-elle le Seigneur. La foi d’Ezéchiel l’amènera aussi à dire à l’injuste « tu mourras » quelque soit son hégémonie. Déjà même à la vision pré-prophétique qui peut être un prologue à sa carrière missionnaire, Ezéchiel n’aura aucune hésitation à manger le Rouleau qui lui sera tendu par le Seigneur (Ez 3,1).

Ezéchiel est aussi d’une foi confiante. Au nom de cette confiance, il acceptera que sa vie soit bouleversée au détriment de la fonction presbytérale dont il détenait une expertise à nulle autre pareille. Ezéchiel s’abandonnera totalement à Dieu dans une totale soumission. Au nom de cet amour donc, il honorera les rendez-vous du Seigneur (Ez 3, 22) sans crainte : « lève-toi, sors dans la vallée et là je te parlerai ». C’est toujours au nom de sa confiance inébranlable dans le Seigneur et de foi fervente qu’Ezéchiel acceptera la souffrance (Ez 3, 24) et supportera le péché de la maison d’Israël pendant 390 jours et plus.

La foi d’Ezéchiel se révèle à nos yeux comme un mystère. En effet, l’homme accepte tout sans murmurer contre la volonté de Dieu. Sa foi bouleversera également sa vie personnelle et familiale. D’abord, le  prophète devra souffrir une  longue et mystérieuse maladie (Ez 4, 17 ; 5, 1-3). Ensuite il devra souffrir la mort de sa femme, un deuil qu’il devra vivre dans une indifférence spirituelle (Ez 24, 15-24). Enfin le prophète devra vivre tous ces événements bouleversants sans injurier le Seigneur, sans refuser de continuer à faire se volonté, sans même émettre des cris plaintifs.

Aussi remarquons-nous que sa foi est exceptionnelle, une foi qui se laisse totalement entre les mains de Dieu, qui accepte de perdre l’être intime quelque soit sa cherté. La foi d’Ezéchiel a été comme l’or qu’on vérifie au feu, éprouvé par toute sorte d’épreuve. Aussi se laisse-t-elle découvrir à nos yeux, comme une foi qui accepte sa croix et dont la lourdeur du poids ne l’installe point dans le désarroi. Elle se révèle une foi inébranlable et dont l’amour dépasse les frontières de l’entendement humain. Et pourtant, Ezéchiel était bien un humain, c’était l’homme des grandes missions, le « fils d’homme » aimé de Dieu.

Le prophète Baruch pour sa part est présenté comme le secrétaire de Jérémie. Sa foi connut une manifestation toute particulière. En effet, Baruch s’appuie sur les erreurs et les fautes du peuple, alors en exil, pour s’accuser devant Dieu et par delà lui, tout le peuple. Profitant de l’amour du Père devant son fils qui avoue son péché, Baruch demande et obtient le pardon de Dieu. La foi de Baruch se manifeste donc comme celle de l’enfant prodigue qui revient chez son père pour s’accuser et s’excuser. Il en profite pour exhorter le peuple à l’observance des préceptes du Seigneur.

Baruch est sans coup férir d’une foi confiante. Elle se caractérise aussi par la puissance de l’amour filial, cet amour qui n’hésite pas à faire le premier pas quoique cela coûte. Baruch est également l’homme à la foi courageuse. « A nous et à nos pères, la honte au visage comme on le voit aujourd’hui ». Le prophète ne craint pas de rejeter la faute aussi bien sur ses contemporains que sur ses devanciers.

B- Les petits prophètes

 

La foi du prophète Osée est axée sur l’amour de Dieu ; un amour souffrant, exigent et patient. En effet dans le langage des prophètes, l’idolâtrie est une prostitution, une infidélité grave. Or c’était le cas du peuple élu qui rendait un culte au dieu Baal. Ce faisant, le peuple se détournait de Dieu, son unique Epoux. Cette relation de Dieu Fidèle avec ce peuple sera plus palpable dans l’union matrimoniale du prophète Osée avec Gomer, une femme prostituée. Malgré les nombreux péchés qu’avait et commettait encore Gomer, Osée ne cessait de l’aimer, comme l’amour que Dieu a pour son peuple. Nous pouvons donc retenir à l’instar d’Osée que la foi est aussi l’expression de l’amour inconditionnel de Dieu.

Joël est un prophète officiel rattaché au sanctuaire. Il témoigne d’un esprit particulariste mettant l’accent sur le culte divin. Sa foi est marquée par la fidélité aux lois du Seigneur. Mû par l’esprit divin, il eut des visions fréquentes, notamment celle relative aux sauterelles où Dieu lui faisait voir les calamités qui s’abattront sur le peuple.

Amos fut l’un des éleveurs de Téqoa. Il prêche en Israël sous le règne d’Ozias, roi de Juda, au temps de Jéroboam. Le prophète Amos fit une expérience très particulière avec Yahvé. Encore même qu’il était derrière le troupeau, Dieu l’avait déjà choisi pour être prophète en Israël. Sa confiance totale et sa foi indéfectible en Yahvé le rend plus soucieux de dire la vérité que d’être complaisant avec le roi, dont il était le prophète. Ainsi avec courage, il condamne au nom de Dieu la vie corrompue des cités, les injustices sociales et les fausses croyances. A l’école du prophète Amos, la foi suppose une ferme et absolue assurance en Yahvé, maître universel et Tout Puissant ; et fait de celui qui le possède, un intrépide défenseur de la vérité et de la justice. On peut donc retenir à l’instar du Prophète Amos que la foi fait de nous des courageux, des justiciers et défenseurs de la vérité.

Le prophète Jonas est appelé par Yahvé à prêcher la pénitence à Ninive.  Il s’y opposa par mille manières en s’éloignant de la face de Dieu. Avalé par un gros poisson après avoir été jeté dans la mer par les matelots d’un navire, il se détermina à obéir à la volonté de Dieu : annoncer la destruction imminente de Ninive.

Sa confiance en la miséricorde de Dieu le fit brûler d’un grand zèle dans la proclamation d’une totale conversion des habitants de Ninive et de leur retour à leur Seigneur. A l’école de Jonas, la foi  prend la connotation d’une grande espérance en la miséricorde et d’un amour inconditionnel de Yahvé. Le zèle de Jonas traduit aussi cette dimension de la foi qui exige de renoncer à soi-même pour entreprendre une aventure avec Dieu.

La foi chez Michée est essentiellement caractérisée par l’abandon dans les mains du Yahvé, qui est sa lumière et son rempart. Cet abandon suppose que l’on reconnaisse son indignité et sa petitesse,  « L’indignation du Seigneur, je dois la supporter car j’ai péché contre lui jusqu’à ce qu’il prenne ma cause en main et rétablisse mon droit. Il me fera sortir à la lumière et je contemplerai son œuvre de justice » (Mi 7,8-9). Et c’est à cela que nous convie notre foi en Dieu, qui doit être un renoncement de nous-mêmes pour être remodeler dans la grâce divine. Aussi participe-t-il au nom de sa foi à la souffrance et aux malheurs du peuple.

Nahum a été reconnu comme un prophète de bonheur. Il  annonce en effet le bonheur pour Juda, le petit royaume humilié. Sa foi en Dieu le rend convaincu de la victoire divine quelque soit les circonstances. La foi qui est union de la créature à Dieu, son Créateur n’est pas qu’épreuves mais aussi bonheur et joie.

Du prophète Habaquq, nous retenons au sujet de sa foi qu’elle est caractérisée par la confiance en Dieu qui sauve et qui répond aux cris  de ceux qui l’invoquent. Le prophète reconnaît que seul Dieu peut le sauver. Il s’exprime en ces termes « j’exulterai à cause du Dieu qui me sauve » (Ha 3,18-19). Habaquq reconnaît en Dieu sa seule force, celui qui peut rendre ses pieds comme ceux des biches et le fait marcher sur les hauteurs.

De la même époque qu’Isaïe, le prophète Sophonie se fait remarquer par sa foi basée sur l’espérance en Dieu. Particulièrement attaché aux pauvres, il va susciter chez eux l’espérance en un avenir radieux dont Dieu seul est pourvoyeur.

Chez le prophète Aggée, comme expression de sa foi, nous notons l’écoute de Dieu dans une relation Dieu-prophète. Aggée écoute la parole du Seigneur  et la transmet à son peuple. Sa foi l’amène à soutenir le peuple dans la reconstruction du temple de Jérusalem. En effet, après la destruction du temple par les Babyloniens, le prophète invite au nom du Seigneur le peuple à sa reconstruction. Le peuple fut saisi de crainte et se mit au travail (Ag 1,13). Et au Seigneur de leur redonner courage en ces termes : « maintenant au travail, dit le Seigneur, courage ! Car je suis avec vous » (Ag2, 4).

L’époque du prophète Zacharie fut marquée par les épreuves de l’exil et les difficultés matérielles. Tout portait donc à croire que Dieu aurait abandonné les siens. Zacharie apporte une double réponse à ce doute. D’abord, rien n’échappe au regard de Dieu (Za 4,10) disait-il. Son intervention est salutaire et ne saurait tarder (Za 1,14-16). Il s’agit chez Zacharie d’une foi qui est toute confiance en Dieu et en son infaillibilité. Sa foi l’amène à croire fermement à l’avènement messianique qui sera un temps de salut pour Israël. Cet évènement dont il proclamait déjà en son temps la proximité n’interviendra que 520 ans après sa mort. Il est le prophète de l’espérance messianique.

La foi chez Malachie se traduit par sa  conviction en l’amour de Dieu. Aussi déclare-t-il que la religion de Yahvé est l’unique. Il dénonce les mauvais sacrifices que faisait le peuple d’Israël (Ml 1, 7-9). Il dénonce également la mauvaise conduite des  prêtres. Malachie exalte aussi la fidélité conjugale en ces termes : «  Et le Seigneur n’a-t-il pas fait un être unique, chair animée d’un souffle de vie ? […] que personne ne soit traître envers la femme de sa jeunesse ».

CONCLUSION

 

A l’issue du présent travail, nous retenons que la foi, acte libre de l’homme est la réponse de ce dernier à l’appel de son créateur. La foi est un don qui nous vient de Dieu, dit Dieu et nous Le fait découvrir. Elle dépasse donc l’intelligence et investit le cœur et la volonté humaine.

Cette expérience de mise en relation avec Dieu par l’esprit du Christ, chacun des prophètes l’a faite avec des trames diverses. Si pour certains, l’émerveillement, la crainte et le tremblement en furent les signes caractéristiques, pour d’autres, nous retiendrons la confiance, l’abandon, le don total de soi  dans un absolu renoncement, la quête de la vérité quelque soit ce qu’elle coûtera  et l’obéissance.

A l’instar des prophètes, chaque chrétien aujourd’hui encore vit une relation de foi toute particulière avec Dieu. Il est possible d’en parler longtemps, et pourtant, l’essentiel demeurera inépuisable. Seules l’écoute et la recherche quotidienne de l’autre qu’est Dieu au moyen de l’unique chemin de recherche  qu’est Jésus Christ aideront à l’entretenir et à grandir dans la fidélité à ses engagements.

 

BIBLIOGRAPHIE

-          Bible de Jérusalem, Cerf/ Verbum Bible, Paris, 2001.

-          Bible T.O.B, Cerf et Société Biblique Française, Paris, 1988.

OUVRAGES

-          HARRINGTON  W., Nouvelle Introduction à la Bible, Seuil, Paris, 1970.

-          Raymond et alii, Des Evêques disent la FOI  DE L’EGLISE, Cerf, Paris, 1978.

 

DICTIONNAIRES ET ENCYCLOPEDIE

-          COLLECTIF, petit dictionnaire de la Bible, Brepols/ Verbum Bible, 2003

-          COLLECTIF, THEO, Nouvelle Encyclopédie  catholique, Droguet- Ardent/ Fayard, Paris, 1989.

 

MAGISTERE DE L’EGLISE

-         CONCILE OEUCUMEMIQUE VATICAN II, Constitution, Décrets, Déclarations, Centurion, Paris ,1967

Cette recherche a été faite par les séminaristes propédeutes du Bénin, promotion Notre Dame de la divine miséricorde, 2011- 2012 

 

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