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La foi selon certains pères de l'Eglise

La Foi

 

INTRODUCTION

     La foi du chrétien est contenue de manière synthétique et dogmatique dans les différentes versions du credo (Je crois). Le credo (deux versions principales symbole de Nicée-Constantinople et symbole des apôtres) est un texte de plusieurs dizaines de phrases qui exprime successivement la foi :

  • En Dieu créateur de l'univers.

     Mais "je crois en Dieu" ne se réduit pas à "Dieu existe" ou "je crois à l'existence de Dieu". En effet, "je crois en Dieu" implique successivement :

  • Je crois en l'existence de Dieu.
  • Je crois et j'acquiesce au plan de Dieu dans ma vie.

Fondements de la foi chrétienne

     Il est très difficile de définir la foi chrétienne tant les courants du christianisme sont divers. Le point commun des différents mouvements chrétiens est probablement la foi en Jésus-Christ ressuscité. Outre le credo, le catholicisme définit la foi par la tradition qui englobe les Écritures et les traditions pratiques, tandis que le protestantisme se contente des Écritures (sola scriptura).

     Les premiers textes canoniques que possèdent les chrétiens concernant la nécessité de la foi en Jésus-Christ ressuscité, sont les épîtres de saint Paul notamment celles aux Galates et aux Romains (Rm 10, 9 notamment). Il est possible de dater, en effet, leur écriture entre l'an 49 et 58 de notre ère, soit moins de trente ans après la passion du Christ. Parmi les textes de Paul, il nous faut citer également la première Épître aux Corinthiens (I Co 13) qui place la foi parmi les trois vertus théologales, soit celles qui, étymologiquement, nous "parlent" de Dieu et donc nous conduisent vers Lui.

     Ensuite, les évangiles, écrits entre l'an 70 et 100 de notre ère environ, sont le témoignage de la vie de Jésus-Christ, de sa mort et de sa résurrection. On y trouve la nécessité de croire en Dieu le Père (Mc 12. 29-30). Enfin, les fondements de la foi chrétienne ont été formalisés vers les IIe et IIIe siècles, par les Pères de l'Église.

         Notre exposé se penchera donc sur la conception de la foi selon certains Pères de l’Eglise. Cette étude passera nécessairement par leur doctrine sur la foi chrétienne.

I.                   LA FOI SELON LES PERES DE L’EGLISE

     Les Pères de l’Eglise sont des Ancêtres, des Pères fondateurs de la République. Ils sont proches du Nouveau Testament et de la tradition orale dont est la rédaction des évangiles. Ils ont les premiers à proposer une lecture de l’Ancien Testament et à la lumière de l’enseignement du Christ. Ils sont des docteurs antérieurs au XIIIe siècle dont l’Eglise a approuvé la doctrine. Nous pouvons citer en exemple Origène, Saint Ignace d’Antioche, Saint Augustin, Saint Clément d’Alexandrie, Saint Justin, Saint Jérôme, Saint Jean Chrysostome, Saint Irénée de Lyon, etc.

A.    Origène

     Il enseignait une doctrine mystique qui se rapprochait de celle des Gnostiques ; il croyait à la préexistence des âmes dans une région supérieure, d'où elles étaient venues animer les corps terrestres ; elles pouvaient, pendant la vie, se purifier et s'élever à la félicité suprême par la communication intime avec Dieu. II soutenait encore que Jésus-Christ n'est fils de Dieu que par adoption, que l'âme de l'homme a péché même avant d'être unie au corps, que les peines de l'enfer ne sont pas éternelles. C'est surtout dans le livre des Principes, traduit en latin par Rufin, que se trouvent ces idées, qui ont été condamnées en 325 par le premier concile de Nicée.

         Selon Origène, Dieu est transcendant et infini. Il engendre éternellement le Fils, son image. À travers le Logos (Verbe), il crée une multitude d’esprits purs qui, à l’exception de Jésus, s’éloignent de Lui et deviennent alors des âmes. Il leur donne des corps concrets en rapport avec la gravité de leurs fautes : corps d’anges, d’hommes ou de démons.

         Ces âmes, grâce à leur libre décision, peuvent se rapprocher de Dieu ou s’en éloigner. Le salut équivaut au retour à la perfection originelle, à ce moment-là les âmes auront des « corps de résurrection ». Le véritable idéal est cette connaissance complète, que les philosophes n’ont qu’entrevue, mais que le chrétien peut acquérir complètement s’il se détache de la matière.

         Le corps physique est donc une punition, mais en même temps le moyen par lequel Dieu se révèle et soutient l’âme dans son élévation. Dieu ne veut pas contraindre l’âme, et recourt donc à l’éducation par le Logos, dont les agents ont été les philosophes, Moïse et les prophètes pour le peuple juif, et bien évidemment Jésus en qui s’incarna le Fils de Dieu.

   Il est essentiel de rappeler qu'Origène pense que le salut final (la parousie) n'adviendra que lorsque toute la création et donc toute l'humanité aura été réintégrée dans le Christ. Cette doctrine est connue sous le nom d'apocatastase et elle sera reprise par Saint Grégoire de Nazianze, Saint Basile de Césarée et surtout Saint Grégoire de Nysse.

B.    Saint Ignace d’Antioche

      Ignace d'Antioche ou saint Ignace, né vers 35 d'origine syrienne, mort probablement en 107 ou 113, fut le troisième évêque d'Antioche, après saint Pierre et Evode, à qui Ignace a succédé vers 68.

      D’abord, pour Lui ; « La foi et l’amour sont le commencement  et la perfection de la vie, on commence par la foi et on finit par l’amour. Les deux réunis, c’est Dieu et toutes les autres qualités suivent pour rendre l’homme vraiment bon et juste. Si un homme affirme sa foi, il ne peu pas péché. » Mais, il poursuit avec : « Nous ne devons pas seulement affirmer notre foi, mais avec la force de cette foi, nous devons être fidèle jusqu’à la fin. » (Cf. Ignace d’Antioche, Lettres aux Chrétiens, p. 22).

     Ensuite, nous devons croire que Jésus Christ a été vraiment un homme : « Quand quelqu’un vous parle de quelque chose qui n’est pas d’accord avec Jésus Christ de la race de David, Fils de Marie, fermez vos oreilles. » (p. 42). Nous devons croire non seulement en la divinité mais aussi en son humanité.

     En outre, Ignace compare la foi, les avertissements, la patience et la douceur à l’huile que l’on frottait au corps pour se préparer au combat. La foi, c’est ce qui nous tire vers le haut et la route qui nous fait monter vers Dieu, c’est l’amour. L’accord de la foi de ceux qui prient ensemble est un obstacle pour les actions du diable.

     Enfin, il compare la foi à un livre qu’on ne peut changer : « Mes livres à moi qu’on ne peut changer, ce sont la croix de Jésus, sa mort, sa résurrection et la foi. » (p. 59)

C.     Saint Augustin

     Augustin d’Hippone ou Saint Augustin, né dans le municipe de Thagaste (actuelle Souk-Ahras, Algérie) le 13 novembre 354 et mort le 28 août 430 à Hippone (actuelle Annaba, Algérie), est un philosophe et théologien chrétien de l’Antiquité tardive, évêque d’Hippone, et un écrivain latino-berbère romano-africain, né d’un père romano-africain (africain romanisé) citoyen romain et d’une mère berbère non romanisée, sainte Monique. Il est l’un des quatre Pères de l’Église latine et l’un des 33 docteurs de l’Église. Les catholiques le fêtent le 28 août, anniversaire de sa mort, alors que les orthodoxes le fêtent le 15 juin. En tant que philosophe, on le considère comme un platonicien chrétien, souvent proche de Plotin.

     Pour Saint Augustin, la foi, sans les œuvres, ne sauve pas. Or, l’œuvre de la foi, c’est la dilection car, « la foi s’opère par la dilection. » (Ga5, 6). Avoir la foi, en contexte chrétien, c’est croire que Jésus est le Christ ; mieux le Chemin, la Vérité et la Vie. Ainsi lorsque Jean dit par exemple ‘’celui qui croit’’, il parle d’une certaine foi bien déterminée non de celle commune à beaucoup d’hommes. De même, aucun hérétique ne peut prétendre croire, car si cela se pouvait, l’on devrait être aussi en mesure de reconnaitre que les démons eux-aussi croient. Ceux-ci professent la foi en Dieu mais sans dilection.

     De plus, la foi est l’adhésion de l’âme nous faisant saisir les principes premiers et nous mettant en possession de la vérité (la foi, si elle précède l’intelligence, n’est pas de nature à ruiner la raison) ; elle est une croyance en quelque chose d’invisible, et Augustin répond à ceux qui affirment que l’on ne peut croire en ce qui ne tombe pas sous les sens (extérieurs ou sens interne) que nous croyons toujours à certaines choses que nous ne percevons pas, telle que, par exemple, la bienveillance d’un ami. L’esprit humain ne peut donc se passer de foi, à moins de vivre comme une bête (De la foi aux choses qu’on ne voit pas, §1). La foi aux choses invisibles n’est donc pas en elle-même irrationnelle, mais fait partie, d’une manière raisonnable et nécessaire, de la vie humaine :

« Or, croire qu’on n’est pas aimé parce qu’on ne voit pas l’amour, ne pas rendre affection pour affection parce qu’on s’en croit dispenser, ce n’est pas là un acte de sagesse, mais une réserve odieuse ; et si nous ne croyons pas à ce que nous ne voyons pas, si nous nions les volontés des hommes, parce qu’elles échappent à nos yeux, il en résultera un tel trouble dans la société que tout sera renversé de fond en comble.»

     Enfin, Selon Saint Augustin, La foi se juge à l’épreuve de la vie.

D.    Clément d’Alexandrie

     C'est en acquiesçant à la bonté essentielle de la création que Clément d'Alexandrie entra dans la foi chrétienne. Comme Justin le Philosophe, il accorda sa préférence philosophique à Platon qui, selon lui, s'approchait le plus de la Vérité chrétienne.

    C'est dans une double-perspective que Clément d'Alexandrie perçut le christianisme: d'une part en tant que "philosophie", mais aussi en tant que réalité qui, par sa force mystérieuse, est en mesure de transformer et de sublimer l'homme jusqu'au plus profond de son être. De plus, ce n'est pas tant par goût du mystère que par recherche du vrai que Clément adhéra au christianisme. Dans la doctrine chrétienne, il découvrit la vérité pleine et sévère, entière et définitive, en laquelle toute quête philosophique devait aboutir. Cette vérité comporte la connaissance de Dieu, le jugement moral et la raison.

     Tandis que la lecture de Platon lui avait donné l'intuition de la Vérité, il en acquiert la certitude par la connaissance de l'Epiphanie divine, c'est-à-dire du Christ. Il lit ses expériences spirituelles comme la traduction en acte de la Vérité encore obscure du platonisme, délivrée par Dieu sous la forme d'un don à la fois rationnel (la parole du Christ) et expérimental (la vie chrétienne).

      Sa vision du christianisme est très moderne: selon lui, le christianisme ne se trouve pas dans les "marques extérieures", mais dans le cœur de l'homme, par lequel sa vie s'y trouve conformée en entier.

      Il parle aussi du Christ ‘’Pédagogue’’. Pour cheminer dans la foi, il faut être comme des enfants devant le Christ qui est le vrai pédagogue, sans cette attitude humble, on ne peut avancer dans la foi. Le chrétien parfait est un enfant c’est-à-dire qu’il se laisse guider par le Christ.

     Cependant, si les femmes qui accouchent, en devenant mère, deviennent source de lait, le Seigneur Christ, fruit de la Vierge, n’a pas déclaré bienheureuses leurs mamelles ; il ne les pas jugé nourricières : lorsque le Père plein d’amour et de bonté pour l’homme a répandu la rosée de son Logos, alors il est devenu lui-même la nourriture spirituelle des hommes vertueux.

Quel étonnant mystère ?

« Il y a un seul Père de l’univers, un seul Logos de l’univers et aussi un seul Esprit Saint, partout identique. Il y a aussi une seule vierge devenue mère, et j’aime l’appeler l’Eglise. Cette mère, seule, n’eut pas de lait parce que, seule, elle ne devint pas femme ; elle est, en même temps vierge et mère, intacte en tant que vierge, pleine d’amour en tant que mère ; elle attire à elle ses petits enfant et elle les allaite d’un lait sacré, le Logos des nourrissons. Elle n’a pas eu de lait parce que le lait, c’était ce beau petit enfant, bien approprié, le Corps du Christ : ainsi nourrissait- elle du Logos ce jeune peuple que lui-même le Seigneur mis au monde dans les douleurs de la chair et qu’il a lui-même emmailloté de sang précieux (Cf. 1 P1, 19) »

E.     Saint Justin

    Saint Justin est l’un des Pères de l’Eglise. Justin de Naplouse, également connu comme Justin le Martyr ou Justin le Philosophe, apologète et martyr chrétien, né à Flavia Neapolis, (actuelle Naplouse en Cisjordanie) entre 100 et 114, mort à Rome entre 162 et 168. C'est un saint chrétien fêté le 1er juin. Il a raconté comment, cherchant la vérité et la foi chrétienne, inquiet de sa propre vie, il avait étudié toutes les philosophes. Il crut alors qu’il allait bientôt connaître Dieu. Pour hâter cette heure, il se retira dans une solitude au bord de la mer. Il rencontra un vieil homme qui avait beaucoup philosophé et qui lui a dit « Pour franchir les bornes de la raison et accéder à la foi, le secours divin est nécessaire ; Dieu nous l’a procuré par les prophètes, le Christ et les Apôtres. Prie donc si tu veux recevoir la lumière sur la foi chrétienne. » Saint Justin lut ainsi les Ecritures et pria. La foi lui fut donnée ainsi que la paix de l’intelligence et du cœur.

    Dans l'introduction de son Dialogue, Justin ancre sa foi chrétienne dans une perspective platonicienne de la vérité, où le christianisme constitue l'aboutissement de la connaissance de l'être divin. Mais cette connaissance ne peut pas tenir d'une contemplation passive : elle se découvre dans la pratique de la « justice ». Dans son Apologie, Justin éclaire cette pratique liée à la foi en soulignant particulièrement cinq vertus propres au christianisme : l'amour des ennemis, la patience, la chasteté, le respect de la vérité, et le courage face à la mort. Le caractère indissoluble qui rattache l'expérience vécue de la Charité à la connaissance du divin constitue pour Justin la « marque » essentielle de sa religion. Selon lui, la morale et l'amour dont témoignent les chrétiens dans leur mode de vie est la preuve que ceux-ci détiennent la "vérité". Leur doctrine serait l'accomplissement de la destinée philosophique, qui consiste pour Justin dans la "quête de Dieu".

   Pour Justin, Platon représente le « pont spirituel » par lequel l'intelligence peut accéder à la vérité des prophètes de l'Ancien Testament. Il s'agit donc de voir en Dieu la plénitude de l'Être unique et suprême que la philosophie recherchait en termes de Logos. Toute l'histoire de l'esprit, toute l'entreprise de sa quête trouverait ainsi sa finalité dans le Christ, logos incarné définitivement pour éclairer la conscience de l'homme (cf. prologue de l'évangile johannique). Le Christ est lui-même la Raison divine, dont la création jaillit, et qui s'incarne pour enseigner la vérité aux hommes. Après l'avoir défini comme le « législateur nouveau », voilà comment Justin explique sa crucifixion : les vrais philosophes sont toujours persécutés !

   Alors, la foi est l’unique moyen qui met l’homme dans l’intimité du Christ, le seul Lumière qui lui fait découvrir réellement la Vérité qui n’est rien d’autre que le Christ Lui-même.

F.     Saint Jérôme

     Jérôme de Stridon, saint Jérôme, né vers 347 à Stridon, à la frontière entre la Pannonie et la Dalmatie (actuelle Croatie) et mort le 30 septembre 420 à Bethléem, est un moine, traducteur de la Bible, fondateur d’ordres religieux, considéré comme docteur de l'Église et un des quatre Pères de l'Église Latine. Il est fêté dans l’Eglise le 30 septembre. Son unique préoccupation fut la Sainte Ecriture. Il est l’auteur de la belle traduction latine de la Bible, la Vulgate. Il a été le secrétaire du Concile de Constantinople puis le secrétaire du Pape Saint Damase.

    La foi, selon Saint Jérôme, est essentiellement basée sur les Saintes Ecritures. C’est ce qui justifie d’ailleurs ses expressions : « Ignorer les Saintes Ecritures, c’est ignorer le Christ ». Autrement dit, on ne peut dissocier le Christ et la Parole de Dieu ; la Parole de Dieu et le Christ sont intimement liés et par conséquent, celui qui rejette le christ, rejette les Ecritures et vice versa.

     Nous comprenons parfaitement Saint Jérôme dans cette assurance de foi centrée sur les Ecritures Saintes car : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était tourné vers Dieu et le Verbe est Dieu. » (Jn1, 1)

      Dans une vision célèbre, Dieu fait comprendre à Saint Jérôme qu’il devait se donner tout entier aux études saintes. Et Jérôme s’écriait en pleurant « Seigneur, si désormais je prends un livre profane, si je le lis, je consens à être traité comme apostat. ».

G.    Saint Jean Chrysostome

      Jean Chrysostome, né à Antioche entre 344 et 349, et mort en 407 près de Comana, a été archevêque de Constantinople et l'un des pères de l'Église grecque. Son éloquence est à l'origine de son surnom de « Chrysostome » qui veut dire « Bouche d'or ». Cependant, sa rigueur et son zèle réformateur l'ont conduit à l'exil et à la mort. Vivement attiré par la vie monastique, il se retire en 372 au désert et y vit pendant quatre ans. Ensuite, il se retire, seul dans une grotte où il passa la plupart de son temps sans dormir, apprenant par cœur les Ecritures. Quand il s’agit de la conduite de la vie, l’exemple est le meilleur des entrainements mais pour guérir l’âme des poisons de l’erreur, il faut la Parole, non seulement quand on a à maintenir la foi du peuple mais encore quand on a à combattre les ennemis du dehors. Même si nous avions le don des miracles, la parole nous serait utile : « Soyez prêts à répondre à ceux qui vous demandent compte de votre foi. » (1 P3, 15). Nous n’aurions pas tant besoin du don de la parole, si nous avions le don des miracles. Ne l’ayant pas, il faut nous armer de l’arme qui nous reste. C’est donc à nous de travailler avec acharnement pour nous enrichir de la Parole du Christ.

      L’œuvre de la foi de Jean est la Parole. Car, Saint Paul nous dit que la foi sans les œuvres n’est rien. Il prêche inlassablement, plusieurs fois par semaine parfois pendant deux heures de suite. Sa Parole se nuance souvent de tendresse, son auditoire l’écoute de façon pontière et lui est profondément attaché. Cet amour pour la prédication le pousse à la rédaction de ses dix-neuf homélies.

H.    Saint Irénée de Lyon

     Irénée de Lyon est le deuxième Évêque de Lyon au IIe siècle entre 177 et 202. Il est un des Pères de l'Église. Il est le premier occidental à réaliser une œuvre de théologien systématique. Il rédige ses œuvres afin de présenter la doctrine catholique contre les thèses gnostiques. Vénéré comme saint, il est fêté le 28 juin dans l'Église catholique. Irénée est un théologien chrétien anti-gnostique.  

     Chez lui l’autorité des Écritures est absolue : la Bible suffit pour connaître Dieu et son œuvre, toute spéculation supplémentaire est vaine. Il affirme l’unité de la foi de celle de l'Église, et soutient que l’Écriture révèle un plan de Dieu pour le salut des hommes.

     Irénée est le premier à parler de la Tradition : contre les hérétiques, il défend la tradition de l'Église, qui se revendique transmise par les apôtres et fondée sur la « règle de vérité » qui est la foi en Dieu et en son Fils Jésus-Christ

   Face aux hérétiques qui voulaient l'Écriture seule, saint Irénée insiste sur l'Écriture et la Tradition : l'Église est une Tradition. Il réfute les gnostiques en décrivant avec précision leurs doctrines, en s'appuyant sur les Écritures, en dégageant des critères d'interprétation pour une lecture ecclésiale de la Bible. L'Église fut pour lui la gardienne de la vérité et de la foi des apôtres reçue dans l'Écriture. Les sources d'Irénée de Lyon sont avant tout la tradition catéchétique et les Écritures.

   Les gnostiques prétendent aussi se rattacher aux Apôtres, mais leur tradition est sans autorité, parce qu'elle ne repose pas sur l'institution et la transmission légitime de l'autorité ; au contraire des évêques qui sont héritiers de l'autorité des Apôtres. Ils ont la même autorité pour transmettre que les Apôtres pour enseigner. Ce qui apparaît ici chez Irénée, c’est une théologie de l'institution ecclésiale : la transmission de l'enseignement des Apôtres n'est pas laissée à l'initiative des docteurs privés (laïcs). Les Apôtres eux-mêmes ont constitué les organes par lesquels ils ont voulu que leur enseignement soit transmis. Seuls ces organes institués par les Apôtres ont l'autorité des Apôtres. Ce sont eux seuls qui sont critères des doctrines et qui garantissent leur conformité avec la Révélation. De ceci Irénée voit une confirmation dans l'unité de l'enseignement des évêques. Autant les écoles gnostiques sont divisées et se contredisent, autant l'enseignement des évêques est un sur toute la surface de la terre.

   La Nouvelle Alliance reprendrait le contenu de l’Ancienne. Irénée cherche par là à éviter le rejet de l’Ancien Testament. Irénée est un millénariste, comme le montre le livre V du Contre les hérésies.

   Enfin, le Traité contre les Hérésies, Irénée est aussi l'auteur d'un Exposé de la prédication des Apôtres dont la visée est à la fois apologétique (au sens où Irénée veut défendre la foi chrétienne menacée par les sectes gnostiques) et catéchétique.

Conclusion

      La foi, selon les pères de l’Eglise, est le seul moyen qui nous permet de nous unir au Christ. Et, il  ne peut y avoir la foi sans la Parole de Dieu et la tradition de l’Eglise. Autrement dit c’est la connaissance de la Parole de Dieu qui excite ou procure la foi. Cette foi sera gardée et ‘’entretenue’’ par l’Eglise. Saint Paul dans sa lettre aux Romains le montre clairement : « Ainsi, la foi vient de ce qu’on entend et ce qu’on entend dire vient de la Parole du Christ. » (Rm10, 17).

 

BIBLIOGRAPHIE

v Bible de Jérusalem, Cerf/ Verbum Bible, Paris, 1984

v Ignace d’Antioche, Lettre aux Chrétiens

v Saint Augustin, Il n’y a qu’un amour, Ed. Cerf, Paris, 1993

v Théo de l’Eglise

v Les recherches sur l’internet

 Cette recherche a été faite par les séminaristes propédeutes du Bénin, promotion 2011- 2012

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