La Bible : les livres sapientiaux et poétiques.


     Il s'agit de sept livres de l'Ancien Testament qui, sous la forme très imagée de fables, contes ou proverbes, exposent ce que doit être la conduite et la piété du peuple élu envers Dieu son Père, toute une sagesse que Dieu lui-même a enseignée à son peuple à travers les auteurs inspirés de la Bible. Ces sept ouvrages sont :

 

Ø  Le Livre de Job

Ø  Les Psaumes

Ø  Les Proverbes

Ø  L'Ecclésiaste

Ø  Le Cantique des Cantiques

Ø  Le Livre de la Sagesse

Ø  L'Ecclésiastique

 

         Du temps de l'Ancienne Alliance, rappelons que tout garçon juif devait connaître le Pentateuque par cœur à 13 ans (âge auquel il acquiert sa majorité religieuse), et pour ses 18 ans l'ensemble de l'Ancien Testament et donc tous les Livres sapientiaux !

 

    Dans ces écrits inspirés dont plusieurs remontent à quelques dix siècles avant Jésus-Christ on relève, là encore, de nombreuses allusions plus ou moins voilées à Marie, la mère du Messie- Sauveur des hommes qui doit venir, à l'Epouse, à la "Fontaine scellée", au "Trône de la Sagesse" et autres nombreuses images et figures de la Vierge.

 

Livre de Job : Le livre de Job commence par un récit (chap. 1 et 2): Job est à la fois un homme irréprochable et comblé par la vie. Pourtant, s'il est fidèle à Dieu, n'est-ce pas par intérêt? Or le voilà privé de tout: ses biens, ses enfants, sa santé. Au fond de sa souffrance restera-t-il fidèle à Dieu ? Mais qui est Dieu ? S'il est juste, pourquoi ce malheur frappe-t-il Job? Trois hommes veulent convaincre leur ami que sa souffrance est nécessairement la punition d'une faute qu'il a dû commettre. Ainsi s'engage le grand débat qui occupe, sous la forme d'un poème, la partie centrale du livre, la plus longue (chap. 3-31). Les trois amis développent les arguments traditionnels, tandis que Job conteste violemment leur point de vue et leur oppose un fait: l'injustice de la condition humaine. Il se révolte contre l'image de Dieu que défendent ses amis, et répète qu'il est innocent. Un nouveau personnage entre alors en scène: c'est Élihou (chap. 32-37), qui entreprend à son tour de réfuter Job. Selon lui Dieu enverrait la souffrance à l'homme pour l'avertir, et de toute façon personne ne peut lui demander de rendre des comptes. Enfin Dieu intervient lui-même (38.1-42.6). Mais au lieu d'apporter une réponse à la question posée, c'est lui qui interroge. Job reconnaît alors son erreur: il a parlé de Dieu sans savoir vraiment qui est Dieu. Le livre s'achève en revenant à la forme du récit (42.7-17). Dieu affirme que seul Job a correctement parlé de lui; il rend à Job le double de ce qu'il avait perdu.

Psaumes : Le livre des Psaumes tire son nom français du titre que lui a donné l'ancienne version grecque de l'Ancien Testament : Psalmoi, poèmes destinés à être chantés avec accompagnement de musique. Le livre est un recueil de 150 prières en usage dans le culte de l'ancien Israël. La numérotation indiquée entre parenthèses est celle de l'ancienne version grecque, encore en usage dans certaines Églises.

    Actuellement divisé en cinq livres, il est composé de collections empruntées à d'anciens recueils dits de David (Ps 51-65; 67-71; etc.), de la confrérie de Coré (42-49; 84-88), d'Assaf (73-83), des Psaumes du Règne (93-99), des Psaumes des pèlerinages (120-134), etc. 116 psaumes sont précédés d'une suscription qui peut indiquer leur origine, leur catégorie, les instruments de musique destinés à l'accompagnement, l'utilisation du psaume dans le culte, les circonstances qui ont motivé sa composition, etc. Certains sont d'autre part interrompus par un terme dont le sens exact reste inconnu, et que l'on traduit traditionnellement par Pause. Beaucoup de psaumes échappent à la classification. On peut cependant distinguer plusieurs catégories de psaumes:

1) Les Hymnes (Ps 8; 19; 33; 100; 103-105; 111; 113; 114; 117; 135; 136; 145-149), qui célèbrent la

grandeur et la bonté du Seigneur.

2) Les chants du Règne, caractérisés par l'affirmation « Le Seigneur est roi »: 47; 93; 96-99.

3) Les psaumes royaux, prières pour le roi ou prières du roi: 2; 18; 20; 21; 45; 72; 89; 101; 110; 144.

4) Les psaumes de l'entrée au temple: 15; 24.

5) Les psaumes des pèlerinages, chantés par les Israélites qui se rendaient à l'une des trois grandes fêtes annuelles (Pâque, fête des Semaines, fête des Huttes): 84; 91; 121; 122.

6) Les cantiques de Sion, célébrant les privilèges du lieu choisi par Dieu pour le temple de Jérusalem: 46; 48; 76; 87; 132.

7) Les psaumes avec message, apportant aux fidèles, par la bouche d'un prêtre ou d'un prophète, les avertissements ou les recommandations de Dieu: 14; 50; 53; 75; 81; 95.

8) Les psaumes pour enseigner les fidèles: 37; 49; 73; 78; 112; 127; 133, auxquels on peut adjoindre les Ps 1 et 119.

9) Les psaumes du peuple en détresse, exprimant les appels que la communauté des fidèles adresse à Dieu dans le malheur: 12; 44; 58; 60; 74; 79; 80; 83; 85; 90; 94; 106; 108; 123; 126; 137.

10) Toutes sortes de détresses (persécution, calomnie, maladie, exil...) peuvent conduire le fidèle à venir chercher le secours de Dieu. Ces supplications personnelles forment la catégorie la plus nombreuse: 5-7; 13; 17; 22; 25; 26; 28; 31; 35; 38; 39; 41-43; 51; 54; 57; 59; 61; 63; 64; 69-71; 86; 88; 102; 109; 120; 130; 140-143.

11) Dans les psaumes de reconnaissance, le fidèle vient dire à Dieu sa gratitude pour une délivrance ou pour son pardon: 9-10; 30; 32; 34; 40.1-12; 92; 107; 116; 118.

12) Enfin le fidèle exprime ses sentiments de joie et de paix dans les psaumes de confiance: 3; 4; 11; 16; 23; 62; 131; 139.

     Jésus a chanté les Psaumes (Marc 14.26 et parallèles). Il les a souvent mentionnés, soit pour son enseignement (Marc 12.10 ; 12.36 et parallèles, citant les Ps 118 et 110) soit pour exprimer sa propre prière (Marc 15.34 et parallèles; Luc 23.46, où il reprend quelques mots des Ps 22 et 31). Dans les psaumes comme dans le reste de l'Ancien Testament, le Nouveau Testament retrouve une préfiguration du Christ, de ses souffrances (les Ps 22 et 69, par exemple, sont évoqués plusieurs fois en Matt 27.34-48), de sa résurrection et de sa glorification (par exemple les Ps 16, 110 et 118, cités dans les discours de Pierre rapportés en Act 2 et 4). En tout les psaumes sont cités plus de cent fois dans le Nouveau Testament.

 Le livre des proverbes : Le livre est une collection de plusieurs recueils de proverbes ou d'enseignements sur la sagesse, dont l'ensemble est placé sous l'autorité du roi Salomon, considéré en Israël comme le sage par excellence. Le livre des Proverbes appartient à un genre littéraire florissant dans tout l'Ancien Orient, où il était important que l'expérience acquise soit transmise d'une génération à l'autre. Les recueils qui le composent proviennent d'époques diverses. Ils peuvent être regroupés en trois grandes parties: La première partie constitue une longue introduction aux proverbes eux-mêmes, sous la forme d'un exposé suivi expliquant le rôle et l'importance de la sagesse (chap. 1-9). La sagesse y est plusieurs fois personnifiée et, dans un très beau poème (8.12-31), elle se présente elle-même comme la collaboratrice de Dieu.
La deuxième partie est la partie centrale du livre et lui a donné son titre (chap. 10-29). Elle comprend des recueils de Proverbes de Salomon (10.1-22.16 et 25.1-29.27), auxquels ont été ajoutés des recueils provenant d'autres sages (22.17-24.22 et 24.23-34). La troisième partie (chap. 30-31) est composée de quatre morceaux indépendants, dont deux nous transmettent les pensées ou les conseils de sages non israélites (30.1-14 et 31.1-9).

Le livre de Qohélet ou de l'Ecclésiaste: Dès la première phrase de son livre l'auteur se présente comme un sage. Mais, contrairement aux sages du livre des Proverbes, celui-ci nous transmet une sagesse non- traditionnelle. À travers les nombreuses expériences qu'il a pu faire dans la vie, il a découvert, en effet que le bonheur est fragile et que les efforts humains pour l'obtenir sont le plus souvent inutiles. Il se demande alors si la vie vaut la peine d'être vécue. Il oblige le lecteur à se poser les mêmes questions que lui. Comme dans le livre de Job, les réponses trop faciles sont remises en cause, mais avec une différence d'accent. Alors que Job proteste contre l'absurdité de la souffrance humaine, le Sage du livre de l’Ecclésiaste exprime sa perplexité sur le sens du bonheur humain. L'exposé du Sage se présente comme une sorte d'enquête sur ce qui se passe ici-bas. L'affirmation du caractère éphémère et incertain des joies et des efforts de l'être humain (jeunesse, richesse, gloire, travail, sagesse, justice) y court comme un refrain. L'insécurité causée par la menace constante de la mort et par l'injustice régnant parmi les hommes, l'impossibilité de connaître les plans de Dieu pour le monde, rendent le destin de l'homme fragile et insaisissable. Ce bilan négatif entraîne un certain nombre de réflexions sur le type de conduite qu'il est possible d'adopter dans la vie.

Cantique de cantiques : L'amour d'un homme et d'une femme est un don de Dieu. Ce recueil de chants d'amour où les sentiments des deux amoureux s'expriment avec beaucoup de poésie mais sans fausse pudeur, est comme un écho émerveillé du récit de la Création (Genèse 2.23-25). Sa présence dans la Bible a cependant étonné et choque même encore bon nombre de lecteurs. C'est pourquoi, depuis l'Antiquité, on a proposé de comprendre le Cantique comme un poème symbolique décrivant par exemple les relations de Dieu avec son peuple. On peut répartir le Cantique en sept poèmes (1.2-2.7; 2.8-17; 3.1-5.1; 5.2-6.3; 6.4-7.11; 7.12-8.5a; 8.5b-14), dialogues amoureux dont l'érotisme est discrètement caché sous des symboles champêtres. Ces dialogues d'un homme et d'une femme, qui se cherchent, se trouvent, se perdent et se remettent en quête l'un de l'autre, semblent parfois interrompus par des voix étrangères, qui ne sont pas toutes bienveillantes: les bergers (compagnons du jeune homme), la mère ou les frères de la jeune fille, voire les compagnes de celle-ci. À des titres divers ces personnes ou ces groupes prétendent pouvoir intervenir entre les deux partenaires. Mais cet amour ne leur appartient pas, il est le don de Dieu à ceux qui s'aiment.

Livre de Sagesse : Le livre de la Sagesse a probablement vu le jour dans la communauté juive d'Alexandrie en Égypte une trentaine d'années avant notre ère. L'auteur s'exprime en un grec assez littéraire mais, comme le titre l'indique, son oeuvre s'inscrit dans la ligne des « écrits de sagesse », tels les livres hébreux des Proverbes, de Job et de l'Ecclésiaste ou certains Psaumes. Il connaît bien la Genèse, l'Exode, le livre d'Ésaïe, les Proverbes, mais aussi la grande littérature grecque, Homère, Platon. Il cherche à témoigner de sa foi juive avec les moyens de la pensée grecque. Il s'adresse ainsi à ses coreligionnaires qui ne savent plus l'hébreu et à des lecteurs grecs, qu'il veut convaincre de la valeur de l'héritage spirituel d'Israël. La première section du livre (chap. 1-5) est consacrée à une réflexion sur la destinée comparée des fidèles et des méchants. On y trouvera (2.10-20) un développement remarquable sur la persécution du "juste".  Une deuxième section (6.1 - 9.12) fait l'éloge de la Sagesse. Celle-ci est indispensable à tous, mais particulièrement à ceux qui ont la responsabilité de diriger les nations. Pour l'expliquer l'auteur s'identifie au roi Salomon, que la tradition israélite considérait comme le Sage par excellence (comparer 1 Rois 4.4-15; 5.9-14). La troisième section (9.13 - 19.22) pourrait être intitulée « la Sagesse dans l'histoire sainte ». Sous la forme d'une prière de Salomon, elle passe en revue les récits de la Genèse et surtout de l'Exode, ainsi que le problème de l'idolâtrie, qu'elle traite en s'inspirant de textes comme Es 44; Ps 115; 135. L'auteur propose ainsi une sorte de réinterprétation des textes bibliques à travers la mentalité grecque. Il n'est donc pas étonnant de voir apparaître ici des conceptions inconnues de l'Ancien Testament hébreu, comme la séparation de l'âme et du corps (9.15) ou l'immortalité de l'âme (3.14; 8.17; 15.3 etc.).

Livre du Siracide : Ce livre est l'oeuvre d'un certain Jésus (= Josué) fils de Sirac (en hébreu Ben Sira), d'où l'appellation moderne de Siracide (ancienne appellation: l'Ecclésiastique). L'auteur vivait à Jérusalem avant l'insurrection des Maccabées. Spécialiste fervent des Écritures saintes d'Israël, ayant beaucoup voyagé, il appartenait au monde des Sages. Malgré son ouverture d'esprit, il ne pouvait pas accepter sans réagir l'influence grandissante de l'hellénisme, cette nouvelle culture internationale d'alors apportée par les Grecs depuis la conquête d'Alexandre le Grand. À la longue, en effet, cette influence risquait de remettre en question les fondements mêmes du judaïsme. Le but du Siracide est donc de défendre l'héritage culturel et religieux que son peuple a reçu des générations passées. Pour aider ses contemporains à garder leur identité juive dans un monde en plein bouleversement, il cherche à les convaincre qu'Israël n'a rien à envier à la culture, aux moeurs et à la religion hellénistiques. Le texte hébreu du Siracide, dont on a retrouvé d'importants fragments, n'a malheureusement pas été conservé en entier. Le livre ne nous est parvenu au complet que dans une traduction grecque due au petit-fils de l'auteur. C'est ce texte grec qui a servi de base à la présente traduction.Il est difficile de discerner un plan d'ensemble de l'ouvrage.

 

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