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Animation d'un groupe

1. Que veut dire animer un groupe

a- Eveiller

   C’est faire passer du stade « endormi » à la vie « éveillée ». C’est mettre en marche la vie de Dieu dans le cœur de l’homme. Toutes les activités d’animation visent à éveiller une personne à l’appel de Dieu, à sa présence, à son action, au bonheur qu’il y a à vivre avec lui et pour lui. Pour éveiller les personnes, il est nécessaire d’éveiller le groupe en offrant les possibilités d’échanges, d’enrichissement, réciproque, de créativité.

b- Cheminer

    C’est aidé à faire sur le chemin. Le modèle est Saint Jean : « Il faut que Lui le Christ grandisse et que moi, je disparaisse peu à peu. ». Même quand on connaît le but, on n’y est pas encore arrivé ! On va se mettre en route, progresser par étapes. Arriver, sera favoriser le chemin du groupe, sa rencontre avec le Seigneur, la traversée des difficultés. Chaque fois, l’animateur s’efface et passe au second plan.

c- Construire la personne

    Le groupe est important pour l’épanouissement de la personnalité. Animer, ce sera donc rendre un groupe de plus en plus capable de jouer son rôle éducatif à l’égard de chacun des membres. Comment ?

          - Par les initiatives que le groupe prend, les activités proposées où chacun apporte sa part, imagine, collabore, exécute une tâche, prend ses responsabilités. 

           - Par le soutien que le groupe apporte continuellement à ses membres (prière, amitié, instrument de travail, relance des activités, évaluation…)

          - Par la qualité du dialogue, des amitiés de la solidarité, des efforts renouvelés de sociabilité.

2. Créer un groupe

   La présence de servants dans une communauté e inévitablement un retentissement, non seulement auprès des enfants mais encore auprès de tous les fidèles. Il s’agit donc d’un projet pastoral d’ensemble. De ce fait, la création d’un groupe de servants suppose l’adhésion du pasteur, généralement l’aumônier, qui exerce la responsabilité pastorale en raison de la mission qu’il a reçu de son évêque. Les équipes des laïcs qui préparent les liturgies sont aussi des partenaires avec qui parler de l’opportunité de ce projet. Certains chrétiens ont une image plutôt négative des servants d’autel, marquée par ce qu’ils ont connu dans le passé, ils craignent un « retour en arrière ». Pour que cette initiative soit bien comprise, il est parfois nécessaire de préciser ce que sont aujourd’hui les servants, les Samuel, les enfants de chœur de ce temps, qui n’ont pas connu les liturgies du milieu du XXe siècle, et qui, par ce service, veulent participer activement à la liturgie d’aujourd’hui, comme les adultes le font par la lecture, le chant et la musique. Leur présence aide le prêtre pour la préparation et le déroulement des célébrations et ce service leur fait découvrir et aimer la liturgie.

Quelques idées pour démarrer un groupe

    • Signaler ce projet dans les annonces à la fin des messes et solliciter directement des enfants présents ce jour là.

    • Inviter quelques servants d’une paroisse voisine ou d’un autre relais de la paroisse à servir la messe le jour de cette annonce.

    • Distribuer des tracts auprès des catéchistes ou rencontrer directement les enfants du catéchisme.

   • Diffuser l’information :

          - Par des affiches, illustrées de photos de servants, au fond es église, dans les salles de catéchisme,

          - Par des journaux des autres groupes de la paroisse.

   • Démarrer un tout petit groupe, même avec deux ou trois enfants.

   • Demander a quelques personnes des équipes liturgiques d’être les relayeurs de ce projet auprès des enfants qu’elles rencontrent.

3. L’organisation du groupe

   Á chacun ses responsabilités: en fonction de ses capacités. Les anciens deviennent responsables des plus jeunes servants. Ces derniers cernent alors mieux tout le chemin possible qui se propose à eux. Mais gare à la hiérarchie des ‘ petits chefs ’ qui démotivera vite les plus jeunes… Il faut agir en finesse !

  Chacun doit rester actif, c’est très important ! Attention à ne pas confiner les plus jeunes dans des fonctions subalternes. Varier l’attribution des rôles est une bonne manière de lutter contre un sentiment de supériorité qui pourrait naître chez certains.

   L’ouverture du groupe avec l’extérieur est vraiment souhaitable pour son dynamisme. D’où le rôle des 1er et 3e responsable. Partager avec les servants d’autels des paroisses voisines, de l’ensemble du diocèse ou de plusieurs diocèses lors des rassemblements diocésains permet une enrichissante expérience d’Église. Les servants peuvent alors mieux en percevoir sa grande vitalité et sa diversité enrichissante. Cela peut susciter encore chez ces servants d‘autel l’envie de participer à des rencontres avec d’autres jeunes.

Un bon encadrement 

   Accepter la responsabilité d’un groupe demande d’assurer des liens avec les prêtres de la paroisse, l’équipe liturgique, le sacristain et de connaître le déroulement de la liturgie. Les formations proposées par le service diocésain des servants ou celui de la pastorale liturgique seront un bon moyen d’approfondir ses connaissances. Chaque diocèse dispose d’un bureau diocésain des servants d’autel proposant des bons outils de formation. Il faut préparer le planning de l’année en tenant compte des jours de service (selon la disponibilité des servants), des réunions, des répétitions, des formations. Il est bon également de proposer des temps forts, des rencontres diverses. Cela demande encore une grande disponibilité d’écoute et d’attention pour aider ces jeunes à grandir au fur et à mesure de leurs expériences spirituelles. Être responsable de servants est une tâche éducative et d’encadrement d’enfants et de jeunes. Ce responsable doit pouvoir garantir leur sécurité physique et morale et sa vie doit correspondre au témoignage évangélique attendu d’un chrétien. La participation d’un jeune ‘aîné’ ayant été lui-même servant d’autel peut-être une aide précieuse. Avant la messe, un aîné responsable d’une équipe liturgique peut répartir les rôles de chacun et guider les jeunes pendant la liturgie. Il faudra cependant veiller à ce qu’il n’abuse pas de sa supériorité et qu’il ait à cœur d’être un exemple pour les plus jeunes avec la complicité d’un ‘‘grand frère’’ !

   Choisissez un bon lieu de réunion et de préparation : très important car cela aura un impact sur l’image que les servants auront de leur service et sur leur comportement. Une pièce agréable, lumineuse, conviviale, favorisant le calme, sera propice à leur donner envie de mettre tout leur cœur pour servir du mieux possible. Bien organiser le rangement des aubes permettra aux jeunes de se servir et de les ranger avec autonomie. La salle de formation doit être propice aux activités de groupe.

   Développez la motivation du groupe : Signifiez des étapes d’importance différente pour marquer la progression et motiver les jeunes vers de nouvelles fonctions. L’étape la plus importante est l’entrée d’un nouveau servant d’autel dans le groupe. Une petite cérémonie au cours d’une messe dominicale, en présence de l’assemblée, lieu de leur service liturgique, consistera par exemple à remettre au nouveau servant son aube ou sa croix. L’aube rappelle le vêtement blanc du baptême, la croix celle tracée sur le front du baptisé. Porter cette croix est un signe d’appartenance au groupe paroissial. Les étapes suivantes, plus pédagogiques, sont liées à de nouvelles fonctions (l’acolyte, porte- bénitier, le céroféraire, le porte- insigne, le porte- croix, le thuriféraire et le porte navette responsables de l’encens…) et seront vécues plutôt au sein du groupe lui-même. On représentera le passage à ces étapes différentes par un test au niveau paroissial, décanal et diocésain.

4. Responsable du groupe

 Le profil de l’animateur

   Comme pour d’autres activités paroissiales, ce n’est pas toujours un prêtre qui est l’animateur direct des servants. Puisque la responsabilité confiée est une tâche éducative et d’encadrement des enfants, il faut s’assurer que ce responsable peut garanti leur sécurité physiques, psychique et morale, et que sa vie personnelle correspond au témoignage évangélique qu’on peut attendre d’un chrétien. C’est ainsi qu’il pourra bénéficier à priori de la confiance des parents. Si ce n’est pas un jeune ou un adolescent, il est souhaitable qu’un parent soit associé à cette responsabilité par une participation à telle ou telle activité du groupe en dehors des liturgies, d’où le rôle des parrains et marraines. Voici quelques défauts et qualités d’un animateur ou d'un responsable servant d'autel.

Les défauts de l’animateur ou d'un responsable 

   - Se croire indispensable. Ne pas assurer la relève. Eliminer les jeunes qui paraissent concurrents.

   - Refuser les changements et refuser de se laisser remettre en cause. « se modifier ou se momifier. » disait Edmond LIMBOS

   - Manquer de patience, d’écoute, se fâcher sans contrôle et pour rien.

   - Mépriser personne et groupe. Faire du favoritisme, avoir ses partisans et les entretenir pour dominer le groupe.

   - Prendre trop d’engagement et n’en faire aucun jusqu’au bout.

   - Ne pas préparer la réunion ; croire trop en se expérience.

   - Faire tout par soi- même, sans dégager des collaborateurs, sans faire participer aux responsabilités.

   - Décider seul, sans consulter le groupe ou ses délégués.

   - Se laisser voler la direction du groupe et sa conduite.

   - Avoir un vocabulaire mal adapté à l’auditoire.

   - Etre trop embrouillé dans la conduite de la réunion, rater les idées forces et les synthèses.

   - Etre violent, agressif, trop impulsif dans es réactions.

Les qualités de l’animateur ou du responsable des servants d'autel

   - Enracinement dans le Christ et dans la vie de l’Esprit.

   - Attitudes de respect des personnes et du groupe.

       o Par le respect des capacités et des responsabilités du groupe.

       o Respect par le refus de la déloyauté et de la manipulation. Recherche de la vérité, de la clarté, de la simplicité.

   - Etre dynamique et dynamiser les autres. Une joyeuse confiance dans les capacités des autres et du groupe

   - Etre désintéressé. Agir gratuitement. N’être motivé que par la recherche du vrai bien du groupe, cela se traduit par une attitude de dévouement, service, fidélité au groupe.

   - Maîtrise de soi pour assumer les conflits, remettre la paix, les tensions, les critiques, dépasser les attirances et les antipathies naturelles.

5. Quelques moyens pour conduire une réunion ou une répetition 

a. Préparer la réunion

   - prier personnellement. Invoquer la venue de l’Esprit Saint. Situer la réunion dans son ensemble plus vaste : le projet de Dieu, actuellement sur le groupe.

  - préparer l’ordre du jour

  - se disposer personnellement au dialogue.

  - Rassembler le matériel nécessaire pour le travail en groupe.

b. les grandes étapes de la réunion

     Voir :

        o S’informer sérieusement

       o S’appuyer sur des faits précis

       o Bien dégager la question

       o Présenter clairement la question

     Juger :

       o Prendre le temps de faire l’analyse des faits.

       o Favoriser l’échange des avis différents et même opposés.

       o Reprendre les raisons qui appuient tel ou tel avis.

       o Discuter sans énervement, avec respect, pour progresser vers l’objectif.

     Agir :

       o Sitôt qu’un point est acquis par tous ou par les 2/3 au moins le noter.

      o Dégager clairement les solutions envisagées.

      o Mettre au point l’action à mener : qui fait quoi ? Quand ? Comment ?

     o A quelle date le prochaine réunion ? Une réunion peut porter sur les trois étapes ou se porter que sur une ou deux étapes.

c. la conduite de la réunion

   - l’accueil des participations : créer des relations personnelles. Veiller à la présentation des personnes, des nouveaux.

   - Prévoir la place pour le matériel - Présenter dans les formules simples, le plus clairement possible le ou les problèmes à examiner.

   - Faire appel à l’Esprit du Seigneur explicitement, dans la situation précise évoquée par la réunion.

   - Canaliser les éternels parleurs, ceux qui savent tout, ceux qui bavardent et racontent leur vie, ceux qui questionnent, qui posent leurs problèmes personnels.

   - Eviter et décourager l’esprit clanique.

6. Réunion avec les parents

   Parce que la vie du groupe comporte des activités diverses, il est bon de donner aux parents les informations nécessaires pour qu’il fassent une idée assez précise de ce que vivent leurs enfants. Il est souhaitable qu’ils perçoivent les enjeux éducatifs du service de l’autel et qu’ils y soient associés. Enfin, on n’oubliera pas que certains, ces réunions sont peut être le seul lien qu’ils entretiennent avec la paroisse.

Ordre du jour type (à adapter selon les circonstances)

 1. Se connaître

   Le 1er responsable présente ce qu’il fait dans la paroisse, ses liens avec le clergé, éventuellement avec les autres responsables du groupe, et des aînés qui l’aident. Il propose à chacun de se présenter (nom, et âge de leur enfant, là où ils habitent, leurs relations avec la paroisse…) On veillera à ce que tous soient à l’aise ; il existe parfois des situations difficiles.

 2. Informer sur la réalité du groupe

   Quelques informations concrètes sur le groupe sont données : le nombre de servants, éventuellement la constitution des équipes liturgiques, le calendrier des réunions, comment se fait l’entretien des aubes, la ponctualité aux rendez- vous, la situation financière. Inviter les parents à poser leurs questions à ce sujet.

3. Présenter le projet pédagogique

   Comment se fait la formation, les répétitions, Les visées pédagogiques d’ensemble etc. On donnera le temps aux parents de réagir et de poser leurs questions.

4. Aborder les questions complémentaires

   On informera des événements exceptionnels : rassemblements diocésains, pèlerinages, sorties, rencontre d’un groupe voisin de servants, préparation à des activités paroissiales telle que la kermesse…

5. Proposer une réflexion plus profonde adaptée aux parents

   C’est peut- être avec l’aide du prêtre que ce temps s’organisera. Cette partie de la réunion est d’autant plus importante que les parents peuvent être sensibilisés à certaines questions religieuses du fait de la participation de leur enfant au service de l’autel. Voici quelques questions : comment peut- on faire participer les enfants à la liturgie ? Comment vit- on en famille la messe dominicale ?

6. Inviter à la convivialité

   Le partage d’un verre d’amitié est l’occasion pour des jeunes parents de faire davantage connaissance avec les responsables et entre eux ; ce sont souvent des moments rares pour eux. Ce sera aussi le moment où l’on peut présenter des photos de la vie du groupe des Samuel (servant d'autel).

7. La dimension spirituelle 

   Par une connaissance de la signification de leurs fonctions, par leurs découvertes des actions liturgiques et des sacrements, les servants découvriront progressivement l’enjeu spirituel du service de l’autel. Cette expérience des rôles mis en œuvre au cours de la liturgie deviendra chemin de vie spirituelle si le groupe connaît de réels temps de prières, même courts. La participation au service de l’autel est un moyen privilégié pour l’approfondissement de sa foi. Lors des rencontres, on pourra utiliser des publications offrant des prières adaptées aux enfants, des documents liés aux temps liturgiques. On pourra également préparer des lectures bibliques, élément important de la liturgie. Mieux les comprendre, échanger ensemble et chercher ce qu’elles nous disent pour mieux vivre notre quotidien sera très enrichissant et permettra une meilleure compréhension de la liturgie. Il ne faut pas que ce service d’autel soit vécu par les jeunes comme un domaine séparé du reste de leur vie. Réfléchir sur leur vie de chrétien à partir de leur expérience de service, de leur engagement ou à partir d’une lecture du dimanche ou encore de supports spécialisés les aidera à avancer sur ce beau chemin spirituel. « Cet amour que vous recevez dans la Liturgie, apportez-le à toutes les personnes, en particulier là où vous constatez qu’elles manquent d’amour, qu’elles ne reçoivent rien de bon, qu’elles souffrent et qu’elles sont seules. Avec la force de l’Esprit Saint, efforcez-vous d’apporter Jésus précisément à ces personnes qui sont marginalisées, qui ne sont pas aimées, qui ont des problèmes… » dit Benoît XVI aux servants d’autel dans la catéchèse qu’il leur a adressée le 2 août 2006. on pourra également organisé des séances d’activités culturelles telles que les jeux, les poèmes, les sketchs, les ballets, etc.

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