Enfant de Choeur

La Dignité de l'Enfant de Choeur

    Les évêques ont autour d'eux, pour les servir, des dignitaires vêtus somptueusement. Le prêtre a les enfants de choeur : revêtus de la soutane rouge, du surplis, de l'aube, comme les dignitaires de l'Église, ils forment sa cour. Ils le servent à l'autel, répondent au nom des fidèles, participent à l'administration des sacrements, l'escortent dans les processions. Seuls ils ont le droit de se tenir dans le sanctuaire, de communier à l'autel. Si l'on réfléchit que le prêtre est le ministre de Dieu, l'ambassadeur de Jésus-Christ, quelle n'est pas la dignité de l'enfant de choeur ! Des hommes éminents, des princes, des rois ont rempli occasionnellement les fonctions de l'enfant de choeur et en ont été fiers. Ayez, cher enfant de choeur, une haute idée de votre titre. Ayez, au milieu de vos amis, la fierté de vos fonctions, comme vous avez la fierté de votre foi. Mais aussi soyez des enfants de choeur digne de ce nom.

Le parfait Enfant de Choeur

     L'enfant de choeur doit être pieux, aimer ardemment Notre-Seigneur, la Sainte Vierge, l'Église. Pourrait-on bien servir ceux qu'on n'aimerait pas ? Il doit être vertueux, c'est-à-dire pur, humble et bon. Il le sera par la confession et la communion fréquentes. Il a le droit de communier chaque jour, à la messe qu'il sert.Il doit être d'une conduite édifiante, irréprochable aux yeux de toute la paroisse.
     

     S'il en est ainsi, le reste suivra. On aura la joie de le voir toujours régulier et ponctuel dans l'accomplissement de ses fonctions, soigné dans sa tenue à l'église, maison de Dieu, franc, respectueux, docile avec le prêtre. Un tel enfant sera aimé de tout le monde.
     

    Je vous souhaite, cher petit ami, d'être ce parfait enfant de choeur. La joie que vous en aurez vous dédommagera de l'effort que vous ferez.

                                                                                                                                                                                Jean-Yves BLEGNOUA

Quelle est leur histoire ?

  Tôt dans la vie des communautés chrétiennes, de jeunes « acolytes » – du grec akolouthos (suivant, serviteur) – ont accompagné les célébrants pour aider à la liturgie.

   Les persécutions des premiers siècles les contraignaient à se réunir en cachette dans les maisons. L’Église leur a donné comme saint patron le martyr Tarcisius, un jeune garçon tué à Rome au III siècle pendant qu’il portait l’Eucharistie à des chrétiens emprisonnés.

   L’essor des « enfants de chœur » a ensuite été parallèle à celui des communautés chrétiennes, du Moyen Âge à la Renaissance, où la magnificence des célébrations les a vus se multiplier. Ils étaient vêtus jusqu’à une date récente de la soutanelle rouge et du surplis blanc, parfois coiffés d’une calotte rouge.

   Après le concile Vatican II (1962-1965), l’accent mis sur le rôle des laïcs et la participation active de tous les fidèles à la messe ont conduit, dans certaines paroisses de France, à leur quasi-disparition. Leur rôle est tombé en désuétude, mais ils n’ont jamais été supprimés.

 De quand date leur renouveau ?

   Depuis plus de vingt ans, souvent sous l’impulsion de jeunes prêtres et aussi à la demande des familles ou des intéressés eux-mêmes, le nombre de ces jeunes de 7 à 18 ans, qui portent l’aube blanche et que l’on préfère désormais appeler « servants d’autel », est en progression rapide.

   Jean-Paul II puis Benoît XVI ont encouragé ce mouvement. La France compte actuellement plus de 30 000 servants d’autel, surtout concentrés dans les diocèses des grandes villes : Paris et l’Île-deFrance, Tours, Bourges, Metz, mais aussi Lyon, Toulouse, Albi, Carcassonne… Leur essor dans le Sud-Est est moins rapide. Les diocèses les moins bien pourvus sont ceux dont le territoire est très vaste, ou ceux où les communications sont difficiles, par exemple les diocèses de montagne. L'archidiocèse de Cotonou en compte plus 1500 servants.

À quoi servent-ils ?

   « Par le service du prêtre, par leur tenue, leur prière, leur contribution à la beauté de la liturgie, ils aident l’assemblée à mieux entrer dans le mystère de l’Eucharistie, résume le P. Angelo Sommacal, responsable des servants d’autel au SNPLS (le Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle). Et puis cela leur montre que même jeunes, ils ont une participation active à la messe. »

   On ne peut nier par ailleurs que le service de l’autel soit pour certains l’occasion d’une première interrogation sur une éventuelle vocation. En 2007, 30 % des jeunes en première année de séminaire avaient été servants d’autel. Cette dimension n’est pas négligeable dans une Église dont le clergé diocésain se fait de plus en plus rare, et dont la pastorale des vocations a choisi, il y a quelques années, d’être plus « appelante »…

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